Le dispositif se trouve sur la route forestière de l'Erbsenthal, entre Biesenberg et Rothenbourg, à la limite nord de la commune de Philipsbourg (Moselle) et entre les casemates CORF de Glasbronn et d'Altzinsel. La destruction devait couper le tronçon de route qui se trouve au-dessus de l'étang de l'Erbsenweiher, à un peu plus d'une centaine de mètres en amont de la chapelle Notre-Dame des Bois.

La destruction Est composée de quatre puits de 4,30 mètres de profondeur séparés de 20 mètres. Ils sont placés dans l'accotement du coté vallée. Le fait que les puits soient désaxés par rapport à la route montre que les concepteurs voulaient disperser le remblai de la route vers la vallée.

Les puits sont maçonnés en béton. Les têtes de puits, de section carrée, ont été coulées sur place alors que le puits lui-même, de section circulaire, Est formé de 3 buses de béton cellulaire. Les puits sont fermés par des plaques du même type que celles des égouts. A côté de cette plaque se trouve un boîtier en béton fermé par un couvercle, en béton également, boîtier dans lequel devaient déboucher les cordeaux détonants après mise en place de la charge et bourrage du puits. C'est ici que devaient être raccordés les dispositifs de mise à feu peu avant de procéder à le destruction.

Il semble que les DMP en puits visités jusqu'ici ne soient pas complets, puisqu'on n'y voit pas de fourneau aménagé. Dans le respect des règles de l'art, le chargement d'un tel dispositif devait ressembler à ce qui suit : creusement d'une niche sous la buse du fond, mise en place d'un masque en bois et bourrage de sacs de terre remplis au 2/3. Pour finir, un autre masque de chevrons de bois devait être glissé dans son alvéole grâce à des gorges intermédiaires, un chevron transversal servant à caler les chevrons du masque même. Les chevrons nécessaires à cette dernière opération, recouverts de goudron pour éviter la moisissure, ont été placés dès la construction des DMP dans les gorges auxquelles ils étaient destinés. On en trouve encore de nos jours en place dans leurs gorges.

A la tête de chaque puits, une plaque signalétique en ciment moulé indique la capacité d'explosif calculée pour le dispositif. La première capacité correspond à la mélinite (explosif brisant), et la deuxième, probablement, à un explosif progressif tel que la cheddite ou la poudre noire (13). Ces indications sont précédées de l'abréviation "GM" signifiant "Génie Militaire".


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